Le Périgord noir sous le climat méditerranéen d’ici 2030
Le Périgord noir, connu pour son patrimoine naturel et culturel, est actuellement confronté à des changements climatiques sans précédent. Lors de l’assemblée générale annuelle de l’antenne du Périgord noir de la Chambre d’agriculture de la Dordogne, Nicolas Fedou, chargé de mission climat, a présenté des données alarmantes sur l’évolution du climat dans la région.
Les agriculteurs périgourdins sont déjà confrontés aux conséquences de ces changements : stress thermique estival, plafonnement des rendements de blé depuis les années 1960, manque de froid pour la vernalisation, gelées sur des cultures pérennes, sécheresses récurrentes et pluies intenses. Ces phénomènes sont le résultat de l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère due aux activités humaines, telles que l’utilisation d’énergie fossile, la déforestation et les industries.
Un climat en constante évolution
Les données climatiques montrent que la période 1983-2002 est la plus chaude jamais enregistrée depuis mille quatre cents ans en Dordogne. Dans le Sarladais, la température moyenne est passée de 12,2 °C entre 1961 et 1990 à 13,5 °C pendant les trois décennies suivantes, ce qui équivaut à la température de Montauban, en Tarn-et-Garonne. Selon les projections, en 2030, le climat du Périgord noir devrait se rapprocher de celui observable à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, avec une moyenne annuelle de 14,5 °C.
Les projections au-delà de 2050 pourraient rapprocher le climat local de celui de la Catalogne et de Barcelone, avec une température moyenne de 16,2 °C. Cela signifie que le Périgord noir devra s’adapter à des conditions climatiques de plus en plus méditerranéennes, avec des étés chauds et secs et des hivers doux et pluvieux.
Des conséquences déjà visibles
Les conséquences de ces changements climatiques sont déjà visibles dans la région. Les jours de pluie sont devenus moins fréquents, mais plus intenses. Avant 1990, on pouvait compter 29 jours consécutifs sans pluie en moyenne, alors qu’en 2022, ce nombre a atteint 71 jours. Cela a des impacts significatifs sur les cultures et les prairies, avec un stress hydrique important pour la végétation et un changement du rythme de production.
Les données montrent également une baisse de 20 mm par décennie de la quantité d’eau disponible, soit une perte cumulée de 250 mm sur les 58 dernières années. Cela a des répercussions importantes sur l’agriculture et l’environnement, avec des conséquences sur la production de fruits et de légumes et des impacts sur la biodiversité.
Des répercussions sur l’arboriculture
L’arboriculture est également touchée par ces changements climatiques. Les observations effectuées sur des pommiers (golden delicious) dans le Bergeracois montrent que la floraison intervient huit jours plus tôt en l’espace de cinquante ans. Cela peut avoir des effets significatifs si un gel de printemps survient, avec des pertes de production importantes.
En conclusion, le Périgord noir est déjà confronté aux conséquences des changements climatiques, avec des impacts significatifs sur l’agriculture, l’environnement et la biodiversité. Il est essentiel de prendre des mesures pour atténuer ces effets et adapter la région aux nouvelles conditions climatiques. Cela nécessite une action collective et coordonnée pour préserver le patrimoine naturel et culturel de la région et assurer un avenir durable pour les générations à venir.
- Le Périgord noir connaît actuellement des changements climatiques sans précédent.
- Les agriculteurs périgourdins sont déjà confrontés aux conséquences de ces changements.
- La température moyenne dans la région devrait atteindre 14,5 °C en 2030.
- Les jours de pluie sont devenus moins fréquents, mais plus intenses.
- Les conséquences de ces changements climatiques sont déjà visibles dans la région, avec des impacts sur l’agriculture, l’environnement et la biodiversité.

